NOTE D’INTENTIONS

 

Ils ont 25, 26, 27, 28, 29, 30 ans. Un cri d’alarme inconscient résonne en eux.

Un à un, les signes du temps qui passe apparaissent. Et ils n’ont plus droit aux cartes « Jeunes ». Ils sont à cet âge où pour la première fois, on regarde dans le rétroviseur ; on se croit déjà vieux ou encore terriblement jeune. Ni ado, ni trentenaire : commence à se dégager un parcours de vie.

Il y a la nostalgie de l’enfance.
Il y a les révoltes de l’adolescence.
Il y a les choix du jeune adulte.
Il y a le regard qu’on porte sur tout ça.

Grandir, c’est se poser des questions en espérant que la vie nous aidera à y répondre : Qu’est ce que j’ai construit jusqu’à présent ? Ai-je bien choisi ma voie ? Il faut gagner sa vie, j’en suis où ? Quels sont mes modèles, mes caps à suivre ? Est-ce que je suis prêt à tout quitter ? Comment trouver un accomplissement dans cette vie de travail qui s’annonce ?

Ils font partie de la génération Y, la première à avoir grandi avec Internet, celle qui a constatée que l’ère du plein emploi était plutôt derrière elle, celle qui a été marquée dès 2001 par les attentats, celle qui force les managers à revoir leurs copies, celle qui est connectée mais qu’on dit déconnectée des réalités. Ils sont absents de l’espace public, des politiques publiques, des médias, comme mis sous silence. Ils sont la force vive.

Prenons le temps de les regarder. Prenons le temps d’écouter leurs voix. Vraiment. Qu’ont-ils à dire ? Que devons-vous entendre ? La réalité dépasse les clichés. La génération des 25-30 ans est plurielle, nuancée, et tous ses visages sont autant de parcours de vie, d’itinéraires biscornus, de voies toutes tracées et de chemins sinueux. Ce sont ces visages et les voix qu’ils portent que le projet Daydream cherche à révéler.

Nicolas Fabas – décembre 2017